Echelle internationale
Les Espèces Exotiques Envahissantes sont aujourd’hui reconnues comme l’une des principales causes de perte de biodiversité à l’échelle mondiale, un facteur impactant les écosystèmes, les économies et la santé humaine et un phénomène lié aux activités humaines et aux échanges internationaux. Leur gestion nécessite donc une coordination régionale, nationale et internationale forte.
A l’échelle planétaire, la gestion de la problématique des Espèces Exotiques Envahissantes s’inscrit dans un cadre structuré qui repose sur des conventions, des objectifs globaux et des travaux scientifiques de référence. Ces dispositifs visent à coordonner les actions des États face à un phénomène qui dépasse largement les frontières.
La Convention sur la diversité biologique constitue le cadre juridique principal. Adoptée en 1992 lors du Sommet de Rio, elle constitue le socle juridique international en matière de biodiversité. Elle prévoit notamment que les États doivent prévenir l’introduction d’espèces exotiques et contrôler ou éradiquer celles qui menacent les écosystèmes.
Dans le cadre de cette convention, plusieurs objectifs ont été fixés :
- Objectifs d’Aichi (2010-2020) : pour identifier les espèces invasives, leurs voies d’introduction, prioriser les espèces à gérer mais aussi mettre en place les mesures préventives nécessaires.
- Cadre mondial pour la biodiversité (Kunming-Montréal) : pour renforcer la prévention et le contrôle des EEE, encourager les États à développer des stratégies nationales ambitieuses.
La science, a un rôle clé. A l’échelle internationale, les connaissances scientifiques sont structurées notamment par la Plateforme Intergouvernementale Scientifique et Politique sur la Biodiversité et les Services Écosystémiques, autrement dit, l’IPBES. Son rapport de référence publié en 2023 sur les Espèces Exotiques Envahissantes constitue aujourd’hui une base scientifique majeure et souligne plusieurs choses :
- Les invasions biologiques sont en augmentation constante à l’échelle mondiale
- Elles entraînent des impacts écologiques, économiques et sociaux majeurs
- Leur gestion repose sur plusieurs leviers (prévention, détection précoce, éradication ou contrôle et restauration des écosystèmes)
Le rapport insiste également sur l’importance de la coopération entre États, le partage de données et la mobilisation des acteurs locaux.
Plusieurs initiatives viennent appuyer les politiques publiques agissant comme de véritables outils et dispositifs internationaux. A cette échelle, des bases de données, telles que les registres d’espèces introduites, sont mises en place afin de centraliser les connaissances existantes. Elles sont complétées par des systèmes de suivi et d’évaluation des risques, ainsi que par des mécanismes de partage d’information entre pays, essentiels pour assurer une réponse coordonnée.
Dans ce cadre, des outils comme les registres globaux d’espèces invasives permettent d’identifier les espèces présentes dans chaque territoire, d’évaluer les risques qu’elles représentent et d’orienter les politiques de gestion mises en œuvre.
La gestion de ces espèces repose sur un principe clé : agir le plus en amont possible. Cela passe donc par la prévention des introductions, la détection précoce, des actions rapides de gestion et une coopération internationale continue.