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 ESPACE PRIVÉ

Echelle régionale

La gestion des Espèces Exotiques Envahissantes et des Espèces Non Indigènes en Corse s’inscrit dans un cadre réglementaire global allant de l’échelle européenne à l’échelle locale. En effet, la Corse bénéficie d’une organisation bien spécifique et renforcée, qui lui confère un rôle particulier dans la mise en œuvre de cette réglementation.

Un cadre réglementaire commun

Comme sur l’ensemble du territoire français, la lutte contre les EEE repose sur :

  • Le règlement européen (UE) n°1143/2014
  • Le Code de l’environnement français
  • Les arrêtés ministériels fixant les listes d’espèces concernées

Ces textes prévoient entre autres l’interdiction d’introduction dans le milieu naturel de certaines espèces, la détention, le transport, la vente ou l’échange pour les espèces les plus préoccupantes et la mise en place d’actions de prévention, surveillance et gestion.

La Corse, possède une spécificité du fait de sa compétence territoriale renforcée. Elle se distingue par une adaptation locale de la réglementation, prenant en compte les enjeux spécifiques d’un territoire insulaire particulièrement vulnérable.

En effet, depuis le décret du 6 mars 2025 (décret n°2025-218), la Collectivité de Corse dispose de compétences renforcées. Le texte adapte le Code de l’Environnement afin de tenir compte des spécificités institutionnelles et écologiques de l’île.

Ainsi, le Président du Conseil exécutif de Corse devient un acteur central dans la gestion des Espèces Exotiques Envahissantes. Il est notamment compétent pour :

  • Définir les listes d’EEE spécifiques à la Corse
  • Encadrer les activités liées à ces espèces (introduction, détention, utilisation, transport…)
  • Délivrer des autorisations ou dérogations lorsque cela est nécessaire
  • Mettre en œuvre des mesures d’interdiction ou de restriction adaptées au territoire

Cette organisation permet une réponse plus rapide, plus ciblée et mieux adaptée aux enjeux locaux.

Pourquoi une réglementation spécifique en Corse ?

Cette évolution réglementaire repose sur plusieurs constats :

  • La Corse est un territoire insulaire à forte biodiversité, avec de nombreuses espèces endémiques
  • Elle est particulièrement vulnérable aux invasions biologiques
  • Les échanges maritimes, touristiques et commerciaux favorisent fortement l’introduction d’espèces.

Face à ces facteurs, il est nécessaire de disposer d’un cadre permettant une adaptation locale des règles, une réactivité accrue et une gestion opérationnelle au plus près du terrain.

Le décret s’inscrit dans la continuité des objectifs européens et nationaux, en renforçant notamment la prévention des introductions, la surveillance, la détection précoce et la gestion rapide des espèces identifiées permettant une réglementation tournée vers l’action. L’objectif est clair : intervenir le plus tôt possible pour limiter les impacts écologiques, économiques et sanitaires.

Cette compétence locale s’appuie sur les services de la Collectivité de Corse, notamment l’Office de l’Environnement de la Corse, les établissements publics et scientifiques mais également les réseaux d’acteurs spécialisés. C’est pour cela que le Réseau Alien Corse joue un rôle essentiel en alimentant la décision publique grâce aux données de terrain, en facilitant la détection via les signalements et en contribuant à la mise en œuvre des actions.